Résumé de la session précédente
Première session pour ce personnage.
Anastasia Pozdniakova, aussi surnommée Tam, est médecin à la station de la
Dobryninskaya. Elle a été formée par un vieil urgentiste et est maintenant
affectée avec son ami de toujours Piotr.
Journal de session
Un quart difficile
C’était une journée assez commune dans le métro.
J’avais fini mon quart, un quart rude, un quart qu’on ne souhaite pas tous les
jours, un quart qu’on a vraiment envie d’oublier, un quart bien pourri de
chez pourri…
Un homme, un agriculteur de champignons, est revenu à l’infirmerie.
Un chic type, le gars, gentil tout plein. Il était déjà venu il y a quelques
jours. Une méchante plaie à la main. Il avait glissé et s’était entaillé en se
rattrapant. Un peu profonde la plaie. Seul problème, il n’est pas venu nous voir
tout de suite. Trop de travail, les fermes à champignons à maintenir, l’apprenti
qui a disparu il y a quelques jours, il faut faire bouillir la marmite pour la
petite famille. Une classique vous me direz.
Il s’est contenté de laver à l’eau et de mettre un tissu pour “protéger”. Une
pas si mauvaise idée en soit. Il changeait le tissu souvent, lavait à l’eau, les
trucs qui marchent bien d’habitude… en 2012. Quand on vivait au grand air avec
de l’eau potable au robinet… Pas en 2033 ! Rien n’est propre dans le métro en
2033 ! Ni l’eau, ni les tissus trouvés à droite à gauche et vaguement lavés en
les trempant dans de l’eau chaude !
Quand la plaie a commencé à avoir une sale gueule, il est venu nous voir. Malheureusement, on ne roule pas sur l’or en terme de médicament, c’est pas tous les jours que les stalkers nous ramènent des pommades antiseptiques ou des antibiotiques de la surface. J’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais et je lui ai dit de revenir le lendemain.
Peine perdue, le lendemain, la main commençait à se refroidir, signe que la
gangrène était en train de s’installer chez le pauvre gars. Plus le choix. On a
dû tout couper, avant que ça monte dans le bras.
Je veux plus penser à ce moment, ces cris quand… la tête de sa femme quand je
lui ai dit qu’il allait passer un moment à l’infirmerie, pour que la plaie se
referme propre,… son gamin qui comprenait pas pourquoi papa devait rester dormir
là…
Je suis allée au bar avec le collègue Piotr. Besoin d’oublier. Besoin de mettre le fermier derrière moi, au moins pour la nuit. De l’alcool, mauvais mais efficace, en quantité moins que raisonnable. C’est con, mais c’est tout ce qu’on a pour faire passer ce genre de quart.
Rencontre du troisième type
Je suis au bar, accoudée (ou accrochée, selon comment on voit les choses). Piotr est guère mieux. Le patron laisse faire. Il nous a même filé la première tournée gratos. Il sait ce qu’on voit durant certains quarts, il a entendu le type beugler tellement fort, je suis sure que même en surface, on aurait pu l’entendre.
À côté de moi, il y a une meuf bizarre. Enfin une meuf, je sais pas si c’est une meuf ou un gars. Ielle a beau être habillé·e des pieds à la tête, et j’ai beau être fine saoule, je vois bien qu’il y a un truc louche. Ielle a la peau si blanche. Genre pas le blanc des gens un peu palots et mal nourris de la station. Non, le vrai blanc de la faïence propre, genre cachet de médoc. Et ielle a pas de sourcils. Ni de cils d’ailleurs. Je suis sure qu’ielle a pas de cheveux sous son bonnet. Le métro rend malade un certain nombre de gens, remarque bien.
En tout cas, ielle est sympa. Vasya, qu’elle s’appelle. Ielle a l’air soucieuse de mon ébriété, ielle me dit de boire de l’eau. Ouais, mais l’eau a moins la capacité de faire oublier la tristesse et les mauvais souvenirs. C’est comme mon camarade Piotr. Il travaille avec moi comme infirmier. La main sur le coeur , il est gentil avec tout le monde, même les conn***s. Il dit que dans un monde qui sombre de plus en plus dans la folie, c’est sa manière à lui de couler avec grâce. Une partie de moi est dégoûtée par tant de mièvrerie mais une autre partie trouve cela touchant. Bon, faut vraiment que j’aille dormir, sinon je ne tiendrais pas mon prochain quart.
Des enfants bien étranges
Bien sûr que le réveil est difficile. Ça cogne fort dans ma caboche. Je descends une ration d’eau en deux gorgées, tellement j’ai la gorge comme du papier de verre. Est-ce qu’il me reste de la vitamine C à l’infirmerie ? Je verrai ça après le petit-déjeuner, expédié un peu trop vite entre mon lit de camp sommaire et le minuscule bureau que j’ai réussi à bricoler dans le minuscule espace qui me sert de chambre. On se débrouille comme on peut, dans le métro.
En route, joyeuse troupe ! Arrivée à l’infirmerie, un homme se prénommant
Bernard Dufour vient consulter avec une femme et deux enfants. Il est français,
c’est pas banal ça, dans le métro moscovite. Mais il parle russe plutôt bien,
sans trop d’accent même. La femme s’appelle Nina et les enfants XXX et YYY. Les
enfants n’ont pas l’air en forme. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils viennent me
voir. Ils ont des capuches et des bonnets sur la tête, que Dufour retire devant
moi. Les gamins ont de drôles d’excroissances au niveau du crâne. Comme si leur
boîte cérébrale était trop petite et qu’il y avait eu une fuite mais qui était
restée sous la peau.
Vite, je ferme les stores de l’infirmerie pour nous protéger des curieux. Une
voix dans ma tête hurle “Mutants !!!”, et c’est franchement pas très bien vu de
les soigner. Le métro est cruelle et raciste. Les mutants sont traqués, torturés
et souvent abattus, pour pleins de raisons toutes plus débiles les unes que les
autres.
Je vois bien que ces enfants ne me feront rien de mal. Je leur dégote un petit train de bois dans le fond des archives de l’infirmerie. Histoire de les faire se détendre quand je procède à l’occultation.
Le plan de la dernière chance
Résumé de la session
Quêtes ouvertes
Trouver un moyen de se rendre à Polis avec Nina et les enfantsTrouver un moyen de soigner les enfants de Nina (à Polis ?)- Trouver qui fait chanter Nikolai Partrovich